Les têtes bien faites et les têtes bien pleines

Les promoteurs des pédagogies farfelues actives aiment à user abusivement de citations pour étayer leur propos. Sans doute est-ce là une manière de démontrer le vide abyssal l’étendue de leur culture. Montaigne fait partie de leurs références favorites. De tonitruants « Mieux vaut une tête bien faite qu’une tête bien pleine » sont assénés régulièrement un peu partout où enseignants et formateurs sont formatés formés en guise d’argument coupant court à toute discussion sérieuse opposition formulée par ceux qui ne savent pas. 

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La transmission rendrait l’élève passif

Il s’agit là certainement d’un des arguments les plus répandus pour justifier l’utilisation des pédagogies constructivistes. Quelqu’un a un jour décrété que lorsqu’un enseignant transmet des connaissances, les élèves sont passifs et, comme chacun le sait, on ne peut pas progresser au travers de la passivité. Depuis lors, cette antienne est systématiquement reprise en boucle et ce alors que personne n’a jamais apporté une quelconque preuve de cette passivité !

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Ne pas confondre ce que l’élève fait avec ce qu’il apprend!

Je l’ai déjà écrit, mais il convient encore de le répéter : dissocier compétence et connaissances n’a aucun sens. Les compétences ne sont rien d’autre qu’un assemblage de connaissances, qu’elles soient des savoirs dans le domaine travaillé ou des procédures de travail à acquérir.

Pourtant, dans la pratique, les thuréfaires de l’approche par compétences ne semblent pas capables d’aller jusqu’au bout de la réflexion. S’ils reconnaissent que compétences et connaissances vont de pair, ils n’arrivent pas à en saisir les implications profondes. On retrouve chez eux une grave confusion entre ce que l’élève fait et ce que l’élève apprend. Ce qu’ils appellent régulièrement « objectif d’apprentissage » n’est en fait qu’un descripteur de ce que l’élève a réalisé durant le cours et non pas de ce qu’il a appris. Car dans le cadre éducatif, le proverbe « C’est en forgeant qu’on devient forgeron » mérite d’être nuancé. Ce n’est pas parce que l’élève fait certaines choses qu’il les a nécessairement acquises.

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Enseigner des compétences ou des connaissances?

L’école doit permettre aux futurs citoyens de bonifier au maximum leurs capacités de s’en sortir plus tard. Mais, la discorde règne sur la manière d’y arriver. Certains affirment que c’est en acquérant des connaissances qu’on y parvient alors que d’autres ne jurent que par les compétences. Ce dernier camp a, par ailleurs, le vent en poupe actuellement et dicte le ton dans nombre de pays. A tort ou à raison? C’est ce que nous allons essayer de voir dans ce billet.

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Heures de gloire du constructivisme éducatif: l’URSS des années 20

Une éducation vraiment nouvelle ou un vieux disque rayé qui tourne en boucle?

Rousseau et les premiers dinosaures

L’éducation “progressiste” n’a en fait pas grand chose à voir avec un véritable progrès. Il n’est pas ici question de progrès dans le sens d’amélioration mais dans celui d’innovation. Des cargaisons d’études démontrent que d’amélioration des apprentissages avec le constructivisme il n’y en a pas, reste maintenant à se pencher sur l’élément novateur. Ce d’autant plus que régulièrement, les tenants du constructivisme (et de toutes ses avatars) nous expliquent que le monde évolue et que par conséquent l’école doit elle aussi évoluer.

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Ce projet Follow Through dont on ne veut pas que vous connaissiez l’existence

Il s’agit de la plus vaste expérimentation jamais réalisée dans le domaine éducatif en Occident. Réalisé sur 10 ans, Follow Through a impliqué 10’000 élèves par an répartis dans 180 écoles.

L’objectif de Follow Through était de définir quelles étaient les méthodes d’enseignements les plus effiaces. 9 types d’enseignement ont été testés. Ils appartenaient aux deux grandes catégories majeurs de modèles éducatifs: les méthodes centrées sur l’enseignement  qualifiées de centrées sur les apprentissages de base, alors que les méthdes centrées sur l’élève (donc constructivistes) se sont réparties dans les modèles centrés sur le développement cognitif et affectif.

L’originalité de Follow Through a été de ne pas se borner à mesurer l’acquisition d’habilités de base. Follow Throug s’est aussi intéressé à l’acquisition d’habilités affectives et cognitives.

Il en est sorti que l’enseignement direct écrase largement tous ses concurrents et ce dans les trois domaines mesurés! L’enseignement direct est par ailleurs le seul modèle à avoir obtenu des résultats au dessus de la moyenne dans chacun de ces domaines!

Les résultats de Follow Through ont donné lieu à une spectaculaire controverse, certains chercheurs mettant en doute sa méthodologie. Mais de nouvelles analyses plus précises ont encore été effectuées par la suite, validant l’ensemble des résultats de l’enquête initiale. Je vous laisse jeter un oeil aux résultats, ça se passe de commentaires…

De la collaboration entre élèves…

La mode est aux compétences transversales, aptitudes utilisables, parait-il, dans de multiples domaines différents. On peut citer comme exemple de compétence transversale l’esprit critique ou la capacité à collaborer. Pour convaincre les réticents, on les nomme aussi compétences du 21ème siècle, histoire de bien montrer que les sceptiques ne vivent pas avec leur temps. Bref, certains veulent changer l’école et enrobent leurs idées d’un vernis attrayant. Mais si l’emballage est séduisant, qu’en est-il du contenu ?

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